# Article de blog SEO optimisé : Laine de bois ou ouate de cellulose : quel isolant choisir ?
La rénovation énergétique des bâtiments représente aujourd’hui un enjeu majeur face à l’augmentation constante des coûts de chauffage et aux objectifs de réduction des émissions de CO2. Parmi les solutions d’isolation biosourcées, deux matériaux dominent le marché français : la laine de bois et la ouate de cellulose. Ces isolants naturels suscitent un intérêt croissant auprès des propriétaires soucieux d’allier performance thermique et respect de l’environnement. Pourtant, le choix entre ces deux options reste souvent source d’hésitation, tant leurs caractéristiques techniques et leurs domaines d’application présentent des différences significatives. Comment déterminer lequel convient le mieux à votre projet de rénovation ou de construction ? Quels critères techniques, économiques et environnementaux doivent guider cette décision ?
Composition et procédés de fabrication des isolants biosourcés
La compréhension des procédés de fabrication constitue un préalable indispensable pour évaluer la qualité environnementale et les performances de chaque isolant. Les matériaux biosourcés se distinguent radicalement des isolants minéraux ou synthétiques par leur origine naturelle et leurs modes de transformation moins énergivores.
Fibres de bois et process industriel steico, pavatex et gutex
La laine de bois, également appelée fibre de bois, provient de résidus de scierie ou de bois d’éclaircies forestières non exploitables autrement. Les fabricants européens leaders comme Steico, Pavatex ou Gutex ont développé des procédés industriels sophistiqués qui transforment ces copeaux en fibres isolantes. Le bois est d’abord déchiqueté mécaniquement, puis défibré à haute température dans un défribreur thermomécanique. Cette étape libère la lignine naturelle du bois qui agit comme liant organique entre les fibres. Certains fabricants ajoutent néanmoins un complément de liants synthétiques en faible proportion pour optimiser la cohésion des panneaux. Les fibres sont ensuite séchées, pressées à différentes densités selon l’usage final, puis découpées aux dimensions standardisées. Ce processus génère une énergie grise d’environ 50 à 80 kWh/m³, significativement inférieure aux isolants conventionnels.
Papiers recyclés et traitement au sel de bore pour la ouate de cellulose
La ouate de cellulose présente un cycle de fabrication encore plus vertueux sur le plan environnemental. Composée à 85-90% de papiers et journaux recyclés, elle valorise un déchet qui aurait autrement nécessité un traitement. Les papiers collectés sont broyés finement jusqu’à obtenir des flocons homogènes. L’ajout de 10 à 15% de sel de bore (borax ou acide borique) confère à la ouate ses propriétés ignifuges, fongicides et répulsives contre les rongeurs et insectes. Ce traitement minéral naturel, bien que controversé dans certains pays européens pour ses potentiels effets sur la santé, reste autorisé en France sous réserve de respecter des dosages précis. L’énergie grise nécessaire à la production de ouate de cellulose n’excède pas 6 kWh/m³, ce qui en fait l’un des isolants les moins énergivores du marché. Votre choix d’isolant aura donc un impact direct sur l’empreinte car
bon carbone, non seulement pendant la phase d’usage, mais aussi dès la production de l’isolant.
Additifs ignifuges et liants naturels selon les certifications ACERMI
Qu’il s’agisse de laine de bois ou de ouate de cellulose, les performances annoncées (lambda, stabilité dimensionnelle, réaction au feu) sont encadrées par des certifications comme l’ACERMI ou les Documents Techniques d’Application (DTA). Pour obtenir ces avis techniques, les fabricants doivent déclarer précisément la nature et le pourcentage des additifs utilisés : sels minéraux ignifuges, liants, agents hydrofuges ou anti-fongiques. Dans le cas de la laine de bois, on trouve généralement une faible proportion de résines synthétiques (polyuréthane ou polyester) ou de liants à base d’amidon pour assurer la cohésion des panneaux, ainsi que des sels minéraux pour améliorer la réaction au feu.
La ouate de cellulose, elle, repose principalement sur les sels de bore ou, de plus en plus, sur des mélanges alternatifs (phosphates d’ammonium, silicates) lorsque la réglementation locale limite l’usage du bore. Ces additifs représentent 10 à 15 % du produit final, mais conditionnent sa résistance au feu (classement Euroclasse), sa résistance aux moisissures et son comportement face aux rongeurs. Lorsque vous comparez deux références d’isolants biosourcés, vérifiez toujours leur fiche technique ACERMI : c’est là que vous trouverez les valeurs garanties de conductivité thermique, de densité et de stabilité dans le temps, ainsi que le type d’additifs employés.
Analyse du bilan carbone et énergie grise des deux matériaux
Sur le plan du bilan carbone, laine de bois et ouate de cellulose font partie des meilleurs élèves de la rénovation énergétique. Les deux matériaux stockent du carbone biogénique pendant toute leur durée de vie, puisqu’ils proviennent de la biomasse (bois ou papier). En pratique, 1 m³ de laine de bois peut stocker de l’ordre de 200 à 250 kg de CO₂, tandis que 1 m³ de ouate de cellulose en stocke environ 150 à 180 kg, selon les sources et la densité considérée. Rapportée à la surface isolée (par exemple 30 cm en toiture), cette capacité de stockage compense largement l’énergie nécessaire à la production de l’isolant.
La différence se joue surtout sur l’énergie grise : la ouate de cellulose est l’un des isolants les moins énergivores, avec environ 40 à 50 kWh d’énergie primaire par m³ produit, contre 150 à 200 kWh/m³ pour de la laine de bois en panneaux rigides. Cela signifie qu’à performance thermique équivalente, la ouate présente souvent un meilleur bilan énergétique global, surtout lorsqu’elle est fabriquée à partir de papiers recyclés locaux. Pour autant, la laine de bois conserve un excellent profil environnemental, notamment lorsqu’elle est issue de forêts gérées durablement (PEFC, FSC) et produite à proximité du chantier, limitant ainsi l’empreinte liée au transport.
Performance thermique et coefficient lambda en conditions réelles
Comparer la laine de bois et la ouate de cellulose uniquement sur le papier serait réducteur. En situation réelle, la performance d’un isolant dépend à la fois de son lambda déclaré, de sa densité, de la qualité de mise en œuvre et de son comportement face à l’humidité. C’est ce qui fait la différence entre un comble simplement « isolé » et un comble réellement confortable en été comme en hiver.
Conductivité thermique λ de 0,038 à 0,042 W/m.K selon la densité
La conductivité thermique, notée λ, indique la capacité d’un matériau à laisser passer la chaleur. Plus cette valeur est faible, plus l’isolant est performant. Pour la laine de bois, le lambda se situe généralement entre 0,036 et 0,046 W/m.K selon la densité et le format (panneaux souples, semi‑rigides ou rigides). Les références les plus courantes pour l’isolation intérieure des murs et rampants de toiture affichent un λ de 0,038 à 0,040 W/m.K. La ouate de cellulose présente, elle, un lambda de 0,038 à 0,042 W/m.K en fonction du procédé (soufflage en vrac, insufflation en caisson, panneaux).
En pratique, pour atteindre une même résistance thermique R, l’épaisseur nécessaire est donc très proche pour les deux matériaux. Par exemple, viser un R ≈ 7 m².K/W en toiture demandera environ 28 à 30 cm d’isolant en laine de bois λ 0,039 ou en ouate de cellulose λ 0,039. La différence se joue alors moins sur le lambda que sur la densité mise en œuvre et la continuité de l’isolation : une ouate de cellulose mal insufflée, avec des vides, sera moins performante qu’une laine de bois posée soigneusement, et inversement.
Déphasage thermique estival et inertie dans les combles aménagés
On entend souvent que la laine de bois offre un meilleur déphasage thermique que la ouate de cellulose. En réalité, les deux matériaux se situent dans le haut du panier pour le confort d’été, loin devant les laines minérales ou les isolants synthétiques. Le déphasage dépend principalement de la capacité thermique massique et de la densité de l’isolant : plus il est lourd et capable de stocker de la chaleur, plus il retardera la pénétration du pic de chaleur dans le logement. La laine de bois en panneaux denses (50 à 60 kg/m³, voire plus pour les panneaux rigides) peut ainsi offrir un déphasage de 8 à 10 heures pour 20 cm d’épaisseur, ce qui est très intéressant en toiture.
La ouate de cellulose, utilisée à des densités comprises entre 45 et 60 kg/m³ en insufflation, présente des performances comparables, avec parfois un léger avantage grâce à sa capacité thermique élevée (liée à la structure fibreuse du papier). Sur des combles aménagés exposés plein sud, c’est donc autant la densité choisie que le type d’isolant qui fera la différence. Pour un confort d’été optimal, on cherchera à atteindre au minimum 30 cm d’isolant dense (ouate insufflée ou laine de bois en panneaux serrés), combiné à une bonne protection solaire des vitrages et une ventilation nocturne efficace.
Résistance thermique R minimale selon la RT 2012 et RE 2020
Les réglementations thermiques françaises (RT 2012 pour les bâtiments récents, puis RE 2020 pour les constructions neuves) fixent des niveaux de performance globaux, mais servent aussi de repère pour la rénovation. Pour les toitures et combles, on recommande aujourd’hui une résistance thermique minimale de R = 7 m².K/W, quelle que soit la nature de l’isolant. Pour les murs, un R ≥ 4 m².K/W demeure une cible pertinente en rénovation performante. La bonne nouvelle, c’est que laine de bois et ouate de cellulose permettent l’une comme l’autre d’atteindre ces valeurs sans recourir à des épaisseurs irréalistes.
En pratique, cela signifie souvent 14 à 16 cm d’isolant en murs (doublage intérieur ou ITE laine de bois) et 28 à 35 cm en toiture ou combles (soufflage de ouate, insufflation en caisson ou panneaux de laine de bois croisés). Vous pouvez estimer rapidement l’épaisseur nécessaire avec la formule R = e / λ (épaisseur en mètres, lambda en W/m.K). L’essentiel reste de privilégier une mise en œuvre continue, sans ponts thermiques, plutôt que de viser à tout prix quelques millimètres d’isolant en plus.
Comportement hygroscopique et régulation de l’humidité intérieure
L’un des atouts majeurs des isolants biosourcés est leur comportement hygroscopique : ils sont capables d’absorber temporairement de la vapeur d’eau, puis de la restituer, sans perdre leurs propriétés isolantes lorsque ce phénomène reste dans une plage maîtrisée. La laine de bois comme la ouate de cellulose peuvent ainsi tamponner les excès d’humidité de l’air intérieur, ce qui améliore le confort et limite les risques de condensation dans les parois. Contrairement aux isolants synthétiques étanches, ils participent à l’équilibre hygrothermique du bâti.
Pour que cette capacité soit pleinement bénéfique, il est indispensable de concevoir une paroi cohérente : pare-vapeur ou frein‑vapeur adapté côté intérieur (souvent hygrovariable dans le bâti ancien), isolant perspirant au milieu, et pare‑pluie ouvert à la diffusion côté extérieur. Une analogie utile consiste à comparer votre paroi à un vêtement technique : un sous-vêtement respirant, une couche isolante et une membrane extérieure coupe‑vent, mais qui laisse tout de même sortir la vapeur. Dans ce schéma, laine de bois et ouate jouent parfaitement leur rôle, à condition de respecter ces principes de base.
Techniques de pose et compatibilité avec les systèmes constructifs
Au-delà des chiffres de performance, le choix entre laine de bois et ouate de cellulose dépend aussi très concrètement de votre chantier : s’agit‑il d’un comble perdu, de rampants de toiture, de murs en ossature bois, de planchers intermédiaires ? Chaque configuration appelle une technique de pose spécifique, plus ou moins adaptée à l’un ou l’autre isolant.
Insufflation pneumatique de ouate en caisson fermé ou plancher
L’une des grandes forces de la ouate de cellulose réside dans sa mise en œuvre par insufflation pneumatique. Le principe : on crée des caissons fermés (entre montants d’ossature bois, solives de plancher ou chevrons de toiture), puis on remplit ces volumes par injection de ouate à l’aide d’une cardeuse‑souffleuse. La densité est contrôlée (en général entre 45 et 60 kg/m³) pour éviter tout tassement ultérieur. Cette technique permet d’obtenir une isolation très homogène, sans joints ni coupes complexes, particulièrement intéressante dans les maisons à ossature bois (MOB) ou les rénovations de planchers.
Vous vous demandez si l’insufflation est compatible avec une rénovation partielle ? C’est souvent le cas, à condition de pouvoir créer un accès pour les tuyaux d’insufflation (par l’intérieur ou l’extérieur) et de bien dimensionner les caissons. Un frein‑vapeur solide et bien agrafé sert alors de « peau » intérieure, retenant la ouate tout en participant à l’étanchéité à l’air. L’intervention nécessite cependant un professionnel équipé, ce qui peut représenter un surcoût par rapport à une pose d’isolant en rouleaux réalisée en autoconstruction.
Panneaux semi-rigides de laine de bois en ossature bois ou MOB
La laine de bois se prête particulièrement bien à une pose en panneaux semi‑rigides dans les structures à ossature bois. Les entraxes de montants (généralement 40 ou 60 cm) sont adaptés aux largeurs standards des panneaux, qui peuvent être légèrement comprimés pour assurer un maintien parfait sans ponts thermiques. Dans une maison ossature bois, on trouve souvent une première couche de laine de bois entre montants, complétée par une seconde couche croisée devant l’ossature, pour limiter les ponts au niveau des montants eux‑mêmes.
Cette technique présente plusieurs avantages : elle est accessible à un bon bricoleur, permet des corrections faciles en cours de chantier et s’adapte bien aux rénovations où l’on travaille depuis l’intérieur. En toiture, les panneaux de laine de bois peuvent aussi être utilisés en sarking (isolation par l’extérieur), au-dessus du voligeage, pour conserver la charpente apparente à l’intérieur. Dans ce cas, on privilégiera des panneaux rigides ou haute densité, capables de supporter les charges de couverture.
Soufflage en combles perdus et densité de mise en œuvre
Pour les combles perdus, les deux matériaux sont envisageables mais la ouate de cellulose en soufflage reste souvent la solution la plus économique et rapide à mettre en œuvre. L’isolant est simplement soufflé sur le plancher du comble à une densité plus faible que pour l’insufflation (environ 25 à 35 kg/m³). On vise alors les 30 à 35 cm d’épaisseur pour obtenir un R proche de 7 m².K/W. Il est crucial de prévoir des repères d’épaisseur et des déflecteurs autour des trappes, des conduits et des points singuliers, pour garantir une épaisseur homogène.
La laine de bois peut également être utilisée en combles perdus, sous forme de panneaux déroulés ou posés sur le plancher. Cette solution est intéressante si vous tenez à manipuler vous‑même l’isolant ou si vous souhaitez pouvoir déposer des cheminements légers. En revanche, à performance équivalente, le coût au m² sera généralement supérieur à celui d’un soufflage de ouate de cellulose, et la pose demandera davantage de temps, notamment pour éviter les fuites d’air autour des trappes et points de pénétration.
Durabilité et résistance aux contraintes environnementales
Un bon isolant ne doit pas seulement être performant le jour de la pose : il doit conserver ses qualités pendant plusieurs décennies, malgré les variations de température, l’humidité, les tassements mécaniques ou les attaques biologiques. Laine de bois et ouate de cellulose répondent globalement bien à ces enjeux, mais avec quelques nuances qu’il est important de connaître avant de faire votre choix.
Tassement dans le temps et maintien de la résistance thermique
Le tassement est souvent cité comme principal risque pour les isolants en vrac, en particulier la ouate de cellulose. Dans les faits, ce phénomène est aujourd’hui bien maîtrisé dès lors que les densités de mise en œuvre recommandées sont respectées. En insufflation en paroi verticale ou en rampant fermé, on vise généralement 55 à 60 kg/m³ pour neutraliser tout tassement significatif dans le temps. En soufflage en combles perdus, le tassement initial (de l’ordre de 10 %) est anticipé par un surdimensionnement de l’épaisseur soufflée.
La laine de bois en panneaux présente, elle, une très bonne stabilité dimensionnelle lorsqu’elle est choisie dans une densité adaptée (souvent 40 à 60 kg/m³ pour les panneaux semi‑rigides). Les laines trop légères peuvent se déformer légèrement entre montants, créant des petits jours au fil des années si la pose n’a pas été soignée. C’est pourquoi il est essentiel de privilégier des panneaux un peu plus larges que l’entraxe, afin qu’ils restent plaqués en compression légère et conservent leur continuité thermique dans la durée.
Réaction au feu classement euroclasse E et protection ignifuge
La question de la réaction au feu revient souvent lorsqu’on parle d’isolants biosourcés. La plupart des laines de bois et des ouates de cellulose du marché se situent entre les classes Euroclasse C à E selon les additifs et les systèmes complets de paroi. Cela signifie qu’ils sont combustibles, mais leur comportement au feu est contrôlé : ils se consument lentement, forment une couche carbonisée qui freine la progression de la flamme, et ne dégagent pas de fumées aussi toxiques que certains isolants pétrochimiques.
Les additifs ignifuges (sels de bore, phosphates, silicates) jouent ici un rôle clé. En combinaison avec des parements adaptés (plaques de plâtre, enduits, panneaux fibre‑gypse), on obtient des parois répondant aux exigences réglementaires, y compris en maison individuelle et en petits collectifs. Comme toujours, c’est le système complet qui compte : un isolant bois ou cellulose correctement protégé par son parement offre un niveau de sécurité satisfaisant, à condition de respecter scrupuleusement les prescriptions des avis techniques.
Résistance aux rongeurs, moisissures et attaques d’insectes xylophages
Dans les combles ou les bâtiments anciens, la présence de rongeurs et d’insectes xylophages est une réalité à ne pas négliger. La ouate de cellulose bénéficie d’un avantage grâce à ses traitements au sel de bore ou équivalents, qui la rendent peu appétente pour les rongeurs et limitent le développement de moisissures. Cela ne signifie pas qu’une souris ne traversera jamais une couche de ouate, mais elle n’y trouvera pas sa nourriture principale, ce qui réduit l’attractivité de la zone isolée.
La laine de bois, issue de résidus de scierie, doit quant à elle être protégée contre les insectes xylophages (capricornes, vrillettes) par des traitements adaptés et une conception globale du bâtiment limitant les sources d’humidité. Les produits sérieux sont aujourd’hui traités en usine avec des sels minéraux qui freinent ces attaques, mais la meilleure prévention reste une paroi bien ventilée, sèche et correctement entretenue. Dans tous les cas, l’absence de restes de nourriture, une bonne étanchéité à l’air et le soin porté aux points d’entrée potentiels sont vos meilleurs alliés contre les nuisibles.
Perméabilité à la vapeur d’eau et gestion des ponts thermiques
La perméabilité à la vapeur d’eau (valeur μ) des isolants biosourcés est nettement plus favorable que celle des isolants synthétiques. Laine de bois et ouate de cellulose permettent une diffusion lente de la vapeur à travers la paroi, ce qui réduit les risques de condensation interne lorsqu’elles sont associées à des membranes adaptées. Sur une maison en pierre ou en brique ancienne, cela représente un atout décisif : on respecte la capacité du mur à « respirer », tout en améliorant drastiquement ses performances thermiques.
Mais attention : une paroi perspirante n’est pas une paroi « ouverte à tout vent ». Pour éviter les pertes de chaleur et les pathologies, il faut traiter avec soin les ponts thermiques : jonctions plancher/mur, linteaux, tableaux de fenêtres, liaisons toiture/mur. Laine de bois et ouate, correctement mises en œuvre en continuité, permettent de limiter ces ponts, à condition de prévoir des retours d’isolant et des recouvrements de membranes. Une image utile est celle d’une « enveloppe continue » autour de votre maison : le moindre trou dans cette enveloppe laisse passer le froid, quel que soit l’isolant utilisé.
Coût comparatif et rentabilité des solutions d’isolation
Le budget reste un critère déterminant dans le choix entre laine de bois et ouate de cellulose, surtout lorsqu’il s’agit d’isoler plusieurs centaines de mètres carrés de toiture ou de murs. Au‑delà du prix au m² d’isolant, il est important de considérer le coût global posé, les aides financières mobilisables et les économies d’énergie attendues sur la durée de vie de l’ouvrage.
Prix au m² pour une résistance thermique R=7 en toiture
Pour comparer les deux matériaux sur une base objective, prenons l’exemple d’une isolation de toiture visant un R = 7 m².K/W. En ouate de cellulose soufflée, cela représente environ 30 à 32 cm d’épaisseur. Fourniture et pose par un professionnel se situent généralement entre 25 et 40 €/m² TTC, selon la région, l’accessibilité du chantier et le volume total. En laine de bois, obtenir le même R avec des panneaux (croisement de couches) revient souvent entre 40 et 60 €/m² posé, parfois davantage en sarking, du fait du coût supérieur des panneaux et de la main‑d’œuvre plus importante.
La différence de prix tient principalement au format (vrac vs panneaux) et à la complexité de mise en œuvre. C’est pourquoi la ouate de cellulose est souvent privilégiée pour les combles perdus et les grandes surfaces de toiture, tandis que la laine de bois garde un excellent intérêt pour les toitures accessibles, les rampants aménagés et les systèmes où la rigidité de l’isolant est un atout (ITE, sarking, contre‑cloisons techniques).
Aides financières MaPrimeRénov’ et CEE selon les matériaux biosourcés
Bonne nouvelle : que vous optiez pour la laine de bois ou la ouate de cellulose, vous pouvez bénéficier des principales aides à la rénovation énergétique, sous réserve de faire appel à une entreprise RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Le dispositif MaPrimeRénov’ et les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) ne discriminent pas entre les isolants biosourcés, tant que les résistances thermiques minimales sont atteintes : R ≥ 7 m².K/W pour les toitures, R ≥ 3,7 ou 4 m².K/W pour les murs selon les cas.
Concrètement, cela signifie que le surcoût d’une laine de bois par rapport à une ouate de cellulose peut être en partie compensé par ces aides, surtout pour les ménages aux revenus modestes ou très modestes qui bénéficient de taux bonifiés. Pensez aussi aux aides locales (régions, départements, intercommunalités) qui valorisent parfois particulièrement les matériaux biosourcés dans leurs critères, ce qui peut orienter votre choix si vous hésitez entre plusieurs solutions techniquement équivalentes.
Retour sur investissement et économies de chauffage mesurées
Au‑delà du coût initial, ce qui importe vraiment, ce sont les économies de chauffage et de climatisation générées sur 20 ou 30 ans. Une isolation de toiture performante peut réduire de 25 à 30 % vos besoins de chauffage, et améliorer sensiblement le confort d’été, limitant le recours à la climatisation. Que vous choisissiez laine de bois ou ouate de cellulose, une rénovation bien conçue affiche généralement un temps de retour sur investissement de 8 à 15 ans, en fonction du prix de l’énergie et des aides perçues.
Les retours de terrain montrent que les écarts d’économie d’énergie entre une toiture isolée en ouate et la même toiture isolée en laine de bois, à R équivalent, sont marginaux. La vraie différence se joue sur la qualité de la mise en œuvre : étanchéité à l’air, traitement des ponts thermiques, continuité des couches isolantes. Si vous devez arbitrer entre un isolant légèrement plus performant sur le papier mais posé dans des conditions moyennes, et un isolant un peu plus coûteux mais mis en œuvre de manière exemplaire, c’est toujours la seconde option qui offrira le meilleur retour sur investissement.
Critères de sélection selon les configurations de chantier
Au final, faut‑il choisir la laine de bois ou la ouate de cellulose ? Plutôt que de chercher un « gagnant » absolu, il est plus pertinent d’identifier le matériau le mieux adapté à chaque configuration de chantier. Votre budget, la nature de votre bâtiment, l’accès aux combles, le niveau d’autoconstruction souhaité et vos priorités environnementales vont peser dans la balance.
De manière générale, la ouate de cellulose est particulièrement indiquée pour : les combles perdus à isoler par soufflage, les planchers intermédiaires ou caissons de toiture facilement insufflables, les projets où l’on recherche le meilleur rapport coût/performance/environnement. La laine de bois, elle, excelle dans : les maisons à ossature bois, les rampants de toiture accessibles depuis l’intérieur, les isolations par l’extérieur (ITE ou sarking) où la rigidité des panneaux et leur capacité à reprendre des charges sont des atouts.
Si vous rénovez une maison ancienne en pierre ou en brique, privilégiez les solutions qui respectent la perspirance des murs : laine de bois ou ouate de cellulose peuvent convenir, à condition d’être associées à des enduits et membranes respirants. Dans le neuf soumis à la RE 2020, les deux matériaux permettent d’atteindre aisément les niveaux de performance visés, tout en améliorant le bilan carbone de votre bâtiment. En cas de doute, n’hésitez pas à faire réaliser une étude thermique ou à utiliser un simulateur de paroi (type Ubakus) : vous pourrez ainsi comparer objectivement plusieurs variantes de composition de mur ou de toiture, en incluant déphasage, risques de condensation et niveau d’isolation globale.
